Les textes classiques juillet 2015

ECLAIRCISSEMENT POUR LA PRATIQUE DU TAIJI QUAN

 

Que la pensée mobilise le qi avec un cœur apaisé

Alors le qi se condense dans les os

Que le qi anime le corps, comme le courant le fleuve

Alors tout devient facile

 

Que la vitalité et l’esprit s’éveillent, lenteur et lourdeur disparaissent

C’est « suspendre la tête »

Que yi et qi alternent, vivacité et souplesse font merveille

C’est transformer vide et plein

 

Libérer l’énergie requiert enracinement, détente, et concentration vers le but

Rester maître des huit directions requiert d’être centré et calme

Le Qi circule tel le fil dans le labyrinthe de « la perle aux neuf détours »

Pas un endroit où il ne passe

L’énergie affinée, telle l’acier le mieux trempé

Quelle dureté saurait lui résister !

 

Le corps tel le faucon prêt à fondre sur sa proie

L’esprit tel le chat prêt à saisir la souris

Pic ou montagne dans l’immobilité

Fleuve ou rivière dans le mouvement

 

Rassembler l’énergie c’est tendre l’arc

La libérer c’est décocher la flèche

Cherche la ligne droite dans la courbe

Rassemble puis libère l’énergie

Libère la puissance depuis la colonne vertébrale

Harmonise tes pas avec les mouvements du corps

 

Recevoir c’est renvoyer

Renvoyer c’est recevoir

Séparé, aussitôt relié

Plie et déplie-toi dans le va et vient

Tourne et transforme dans l’avance et le recul

 

De l’extrême douceur naît la plus grande fermeté

Du respir naissent souplesse et vivacité

Cultiver le qi avec attention éloigne tout préjudice

Rassembler l’énergie en ployant le corps est source d’abondance

 

La pensée commande, le qi transmet, la taille rassemble et coordonne

Sois ample au début, puis resserre, jusqu’à devenir indiscernable

 

On dit aussi :

Il ne bouge pas, je ne bouge pas

Il va bouger, j’ai déjà bougé

Feignant d’être indolent, je ne le suis pas

Feignant de me déployer, je ne le fais pas

Le contact peut se rompre, pas l’intention

 

On dit encore :

 D’abord dans le cœur, puis dans le corps

Le ventre détendu

Le qi se condense dans les os

L’esprit paisible, le corps tranquille

A tout instant sois attentif !

 

Souviens-toi, au premier geste tout s’ébranle

Au premier arrêt, tout s’immobilise

Que tu mènes ou bouscules l’autre

Le qi adhère au dos et pénètre la colonne

 

Solide à l’intérieur, détaché à l’extérieur

Déplace-toi comme un chat

Mobilise l’énergie comme on dévide la soie

 

Le yi s’appuie sur la force de l’esprit, non sur le qi

S’il s’appuie sur le qi, il y a obstruction et pas de puissance

S’il s’appuie sur la force de l’esprit, la puissance est comparable à l’acier le plus pur

 

Le qi est comme une roue

La taille est son essieu

 

 

 

 

CHANT DU TAIJI QUAN

 

Ne néglige aucun mouvement, recherche leur source dans la taille

Transforme bien vide et plein

Que rien n’entrave le qi

 

Le mouvement surgit de l’immobilité

L’immobilité se reflète dans le mouvement

Alors face à l’adversaire, les transformations sont prodigieuses

 

Evalue la pertinence de chaque geste

Avec le temps, tu mesureras que ça en valait la peine

A tout instant, garde l’attention à la taille

 

Le ventre détendu, le qi jaillit

Le coccyx dans l’axe, l’énergie spirituelle remonte au sommet de la tête

Alors libre et léger, la tête est suspendue

 

Sois constant et rigoureux dans ta recherche

Que tu fléchisses, t’étendes, ouvres ou fermes, tout devient facile.

Pour t’initier, une transmission orale est indispensable

Pour te perfectionner, une pratique constante est nécessaire

 

Quant aux fondements de notre pratique, je dirais :

Le yi et le qi sont les maîtres

La chair et les os les serviteurs

 

Mais pourquoi cette recherche ?

Pour une longue vie, et de nombreux printemps

 

Chante, chante le chant du taiji quan

N’en néglige aucune parole

Si tu ne suis pas cette voie

Tu ne pourras que regretter d’avoir perdu ton temps

 

 LE CLASSIQUE DU TAIJI QUAN

 

Le Taiji vient du Wuji

Origine du mobile et de l’immobile

Mère du  Yin et  du Yang

Différenciés dans le mobile

Unis dans l’immobile

 

Soyez mobile, ni trop ni trop peu

Il s’étend, je fléchis ; il fléchit, je m’étends

Il est dur, je suis doux, c’est céder

Il s’oppose, je le suis, c’est coller

Rapide, pas moins que lui

Lent, pas plus que lui

Multiples les situations

Unique le principe

 

« Comprendre l’énergie » passe par l’expérience

Avec le temps tout s’éclaire

Sans constance, sans effort

Nulle illumination

 

La nuque se vide, la tête s’érige

Le souffle descend au dantian

Sans pencher, ni s’incliner

Soudain apparaître

Soudain disparaître

 

Pressant ma gauche, le vide il trouve

Pressant ma droite, le vide il trouve

Allant au ciel, plus haut l’emmène

Allant à terre, plus bas l’entraîne

Il avance, plus loin je suis

Il recule, plus près je suis

 

Sensible à une plume

Sans appui pour une mouche

Percevant l’adversaire

Et lui restant secret

Ainsi le héros

Sans rival demeure

 

Bien que nombreuses et diverses

Les écoles de combat ne vont pas au-delà

D’écraser la faiblesse par la force

Et la lenteur par la rapidité

Que le fort l’emporte sur le faible

Et l’homme rapide sur le lent

Quoi de plus naturel ?

Mais où est l’accomplissement d’une étude assidue ?

 

Ecoutez l’adage : « Quatre onces déséquilibrent mille livres »

Où clairement vaincre s’obtient sans force

Regardez ces vieillards bouter tant d’assaillants

Comment l’attribuer à leur rapidité ?

 

Debout, comme un fil à plomb

Dans le mouvement, comme une roue

L’aisance naît d’un seul appui

Aussi gardez-vous du double appui

 

Que des pratiquants qualifiés

Soient en peine de transformer

Et subissent encore leur adversaire

Qu’ont-ils compris de la double lourdeur ?

 

Pour éviter ce défaut

Comprenez le Yin/Yang

Dans adhérer, il y a s’effacer

Dans s’effacer, il y a adhérer

Dans le Yin, il y a le Yang

Dans le Yang, il y a le Yin

Entrer dans l’harmonie Yin/ Yang

C’est être sur la voie de « comprendre l’énergie »

Fort de cette réalisation

Plus vous pratiquerez, meilleur vous serez

Gardez-le bien présent à l’esprit !

Approfondissez sans cesse

Et vous pourrez agir à votre guise

 

La règle fondamentale est de renoncer pour suivre l’autre

Or beaucoup se méprennent et s’éloignent au lieu de s’approcher

Cette erreur soit disant minime est une lourde faute

Equivalant à un écart de mille li

 

Réfléchissez-y !

 

 

 

CHANT DU COMBAT A MAINS NUES

Etudie bien peng, lü, ji, an !

Coordonne le haut et le bas

L’autre ne pourra pénétrer

Quelle que soit sa force

« Quatre onces déséquilibrent mille livres »

Amène-le dans le vide

Rassemble puis libère

Colle, lie, adhère, suis

Sans lâcher, ni résister

 

 

 

 

TRAITÉ DU TAIJI QUAN

 

Dès que tu bouges, sois léger, délié, relié

Stimule le qi, concentre ton esprit

Sans déformer, ni bloquer, ni omettre

L’énergie prend racine dans les pieds, se développe dans les jambes, est dirigée par la taille, et se manifeste dans les doigts

Des pieds à la taille en passant par les jambes, tout doit être unifié

Alors à l’avance ou au recul, tu sauras prendre l’avantage

Si tu n’y parviens pas, cherche la cause dans les jambes et la taille

Que tu ailles vers le haut ou le bas, l’avant ou l’arrière, la gauche ou la droite

Tout vient du yi et non de l’extérieur, il en est toujours ainsi

Dans le haut, il y a le bas ; dans l’avant, il y a l’arrière ; dans la gauche, il y a la droite

L’intention (yi) d’aller vers le haut, contient celle d’aller vers le bas

Comme pour arracher une plante, il te faut aller à sa racine et elle sera détruite

Distingue bien le vide et le plein

Chaque point a son vide-plein

L’ensemble est un vide-plein

Les articulations, telles les perles d’un collier

Sont enfilées sans discontinuité

 

CHANT DE L’EFFICACE

 

Léger, agile et vif

Cherche le sens de « comprendre l’énergie »

Harmonise yin et yang

Et « quatre onces déséquilibrent mille livres »

Ouvre, ferme, « fais vibrer le tambour »

Tu resteras maître du centre

 

 

 

LES CINQ QUALITES POUR UNE ÉTUDE SÉRIEUSE

 

Progresser

(En pratiquant beaucoup)

Comprendre

(En apprenant à écouter l’énergie)

Approfondir

(En étudiant tous les aspects de la pratique)

Discerner

(En assimilant tous les principes de l’art)

Etre déterminé

(En poursuivant tous ses efforts)

 

 

 

LES CINQ CONDITIONS NÉCESSAIRES

1/ La paix du cœur (Xīn)

2/ L’aisance du corps (Shēn)

3/ L’intensité du Qi ()

4/ L’unité de la force (Jìn)

5/ La concentration de l’esprit (Shén)


Comments are closed.