Quelques grands thèmes du taoïsme

L’obtention, ou le fait d’incarner Tao (ce sont les termes employés par les taoïstes), est accompagné d’un sentiment de quiétude et de plénitude, de « vacance » : rien n’est obtenu et de là vient la quiétude.

Fan, « revenir en arrière, renverser », caractérise le mouvement du Tao. Le taoïste sur la Voie, accomplit un retour, retour vers lui-même, vers l’essentiel qui est en lui.

A la différence de la conception occidentale, le monde chez les taoïstes n’appelle pas d’amélioration, il n’y a rien à y changer, et la mission de l’homme est de le parachever en unissant le Ciel et la Terre.

Le bouddhisme et le taoïsme partagent tous deux le caractère impermanent des choses, mais pour les taoïstes il s’agit moins d’un constat qu’une nécessité. La transformation, la mutation, est la loi du monde. Dès qu’un obstacle se présente à l’application de ce principe, alors surgit le déséquilibre, la maladie.

Les éléments de ces articles sur le taoïsme sont pour l’essentiel issus du livre « Comprendre le TAO » d’Isabelle Robinet. Collection Spiritualités vivantes. Edition Albin Michel.


Le Daode jing

On discute encore, comme pour l’œuvre de Shakespeare, de savoir si le Daode jing est l’œuvre d’un homme ou de plusieurs. Il se présente comme un recueil d’aphorismes souvent concis, parfois sibyllins, dont l’accès au sens, comme les Koans Zen, est le résultat d’une expérience personnelle passant par la méditation. Il est traditionnellement divisé en deux parties, la première consacrée au Tao, la seconde à la Voie, mais ce n’est probablement pas son état originaire.

Le premier chapitre de Lao zi est célèbre et fondamental :

« La voie vraiment Voie est autre qu’une voie constante.
Les Termes vraiment Termes sont autres que des termes constants.
Le terme Non-être indique le commencement du Ciel et de la Terre ; le terme Etre indique la mère des dix mille choses.
Aussi est-ce par l’alternance constante entre le Non-Etre et l’Etre, que de l’un, on verra le prodige et, de l’autre, on verra les bornes.
Ces deux, bien qu’ils aient une origine commune, sont désignés par des termes différents.
Ce qu’ils ont en commun, je l’appelle le Mystère, le Mystère Suprême, la porte de tous les prodiges. »
(Traduction de J.J.L. Duyvendak)

Le texte parle de l’inadéquation du langage (« les Termes »), et du fait qu’une pensée binaire (oscillant entre Non Etre et Etre) est incapable de saisir l’absolu. Il faut lier les deux points de vue antagonistes en une vision binoculaire. Cette logique bivalente domine la pensée taoïste. Thèse et antithèse doivent être vues sous leur aspect d’opposition dynamique en même temps que de complémentarité inscrite dans une totalité Une (ce que symbolise la réunion du Yin et du Yang dans le symbole du Taï Chi).


La naissance légendaire du taoïsme

Lao zi, le « vieux maître » était archivistes et devin astronome à la cours des Zhou au VIème siècle avant notre ère. Déçu par la décadence des Zhou, il décida de s’en aller. Il partit vers l’ouest. Franchissant une passe, il fut arrêté par le gardien qui, averti par une lumière surnaturelle qui émanait de lui annonçant la venue d’un grand sage, demanda à recevoir son enseignement. C’est ainsi qu’aurait pris forme le Daode Jing, le « Livre de la voie et de la vertu », en cinq mille mots attribués à Lao zi.

La légende veut que sa mère l’aurait porté 72 (8 x 9) ou 81 (9 x 9) ans, selon les textes, deux chiffres à valeur symbolique (le neuf est le chiffre de la Totalité et du Retour, car dernier avant le recommencement de la série des nombres), après avoir été « émue » par une étoile filante. Il naquit sous un prunier (li) du flanc gauche de sa mère (la gauche en Chine prime sur la droite). Dès sa naissance, il sut marcher et parler. Son corps à l’instar de celui du Bouddha, était marqué de 72 ou 81 traits merveilleux, dont par exemple, une bouche carrée, une protubérance solaire et un croissant lunaire sur le front, trois ouvertures aux oreilles, deux os à son front.

Crédit photo : kattebelletje


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Le taoïsme une religion issue de la culture chinoise

Le taoïsme est la seule grande religion d’origine chinoise. Il fait partie des « trois enseignements » de la Chine, avec le confucianisme et le bouddhisme. Mais tandis que ces deux derniers sont centrés sur une grande figure fondatrice qui procure une date d’émergence, il est pratiquement impossible d’en attribuer une au taoïsme. Celui-ci s’est formé peu à peu en une lente gestation qui fut une intégration progressive de différents courants puisés au fonds ancien de la Chine.

Le terme même de taoïsme ne correspondit tout d’abord qu’à une classification de bibliographie, où l’on faisait entrer des ouvrages attribués à Lao zi (le Daode jing), à Zhuang zi et au mythique « Empereur jaune » Huang di. L’antique fonds chamaniste de la Chine qui n’était pas étranger à Zhuang zi, des techniques physiologiques, mi-exorcistes, mi-médicales, voire magiques, datant de la même époque à peu près s’y sont mêlés. Des spéculations cosmologiques, liées en partie aux pratiques divinatoires (associées en particulier au Yi jing, ou « Livre des mutations ») remontant à l’origine de l’histoire de la Chine, y ont également été incorporées et ont fourni le canevas sur lequel repose la vision du monde taoïste. Avec le temps des synthèses se sont faites, mais il n’y a jamais de systématisation, ni de dogme central. Unité complexe et évolutive, il n’a jamais pris la forme d’une religion unifiée.

Crédit photo : DonkeyHotey


La pratique du Taiji quan

Les exercices de base, exécutés en préalable à toute pratique ont un rôle d’échauffement, d’assouplissement, d’enracinement, contribuant à développer équilibre, coordination, respiration et force interne. Ils procèdent également à une sorte de rituel qui permet aux pratiquants d’entrer progressivement en phase avec la discipline.

L’enchaînement est une suite de mouvements réalisés lentement, en accord avec la respiration, visant à atteindre la maîtrise du souffle et l’harmonisation de l’ensemble du corps. Ces mouvements ont tous une signification martiale. Continue reading


Présentation de Maître Wang Yen-nien (1914-2008)

Wang Yen-NienMaître Wang Yen-nien a été un des grands maîtres de Taiji de l’école Yang, reconnu et respecté par tous. Il fut l’élève de Zhang Qinlin qui lui transmit le style Yangjia Michuan Taiji quan.

Né en 1914 à Taiyuan, dans le Shanxi, il s’initia très tôt aux arts martiaux en apprenant le Xingyi Quan ainsi que le Chang Quan (longue boxe). Son aptitude le conduisit naturellement à une carrière
militaire. Diplômé de l’Académie militaire du Shanxi, il transmit ses compétences ainsi que sa grande connaissance dans le maniement des armes en tant qu’instructeur durant le conflit qui opposa la Chine au Japon. Continue reading


Présentation du style : Yangjia Michuan Taiji Quan

Le Yangjia Michuan Taiji Quan, Transmission Secrète de la Famille Yang, est un style de tai chi chuan créé par Yang Luchan, le fondateur du style Yang. Il a transmis ce style à son fils Yang Jianhou qui l’a enseigné à son élève Zhang Qinlin. Il semblerait que Yang Jianhou n’ait jamais transmis la forme secrète à son fils Yang Chenfu, principal propagateur du style Yang. Plusieurs légendes circulent à ce sujet. Wang Yen-nien est probablement le seul élève de Zhang Qinlin ayant appris cette forme et qui ait survécu à la guerre sino-japonaise. Il a choisi, afin d’éviter qu’elle ne se perde, de la transmettre à un grand nombre d’élèves de toutes nationalités. Continue reading